Le palais de la sagesse

palais-de-la-sagesseIl y a de cela quelques années j’ai lu un intéressant aphorisme de William Blake, extrait de son recueil de poèmes « Le Mariage du Ciel et de l’Enfer » :

“La route de l’excès mène au palais de la sagesse.”

Je l’ai toujours gardé au fond de ma tête, comme un Leitmotiv. Aujourd’hui, plus que jamais, je m’interroge sur cette citation. L’excès ne représente-il pas ce qui dépasse les limites permises et convenables ? Comment peut-il alors mener au palais de la sagesse. Ne qualifions-nous pas de sage le comportement d’un individu, souvent conforme à une éthique, qui allie la conscience de soi et des autres, la tempérance, la prudence, la sincérité et le discernement s’appuyant sur un savoir raisonné ?

Au fond, ce qui m’a toujours plu, c’est le côté salvateur de cette citation. D’après William Blake, il serait donc possible, en empruntant une voie excessive de devenir un sage, mon destin était donc sauf !  Siddhartha Gautama a emprunté la voie de la sagesse qu’à l’âge de 29 ans, en travaillant dur je pourrai sans doute devenir le nouveau Buddha.

Je vis ma vie dans l’excès et je rêve de sagesse, ces deux notions me semblent aujourd’hui tellement opposées. C’est très certainement le début d’un combat, la fin de l’équilibriste.

La route de l’excès mène au palais de la sagesse

Celui qui n’a pas connu l’excès aura t’il suffisamment de connaissance de soi pour devenir un sage ? Certaines étapes sont sans doute nécessaires pour avancer, s’élever et comprendre. D’un autre côté, cette affirmation n’est-elle pas simplement la promesse d’un paradis pour tous les excessifs ? J’ai toujours cru que ma route de l’excès me mènera un jour au palais de la sagesse. Toutefois, il me faudra sans doute revoir l’itinéraire, d’excès en excès, je le sais à présent, ce n’est pas le palais de la sagesse qui m’attend. Les croyants allant à confesse sont-ils certains d’aller au paradis malgré leur vie de débauche ? Quel monde d’illusion.

« La route de l’excès mène au palais de la sagesse », vu sous un nouveau jour me semble tellement artificiel, aurai-je cessé d’y croire ? Il n’est certainement pas nécessaire de partir dans une quête d’extrême pour atteindre la sagesse. Si la route de l’excès était La voie, tous les sages seraient d’anciens drogués, alcoolos, violeurs, tueurs, sportifs, etc. Cette affirmation est l’illusion parfaite de la rédemption de l’excessif. Il se pourrait que ce dernier attende toute sa vie de trouver le palais de la sagesse sur sa route de l’excès. Mais ce palais n’est pas pour les excessifs, une autre route est à prendre pour y arriver. Je commence à le comprendre. Il est grand temps de prendre une nouvelle voie !

Mon palais de la sagesse

Mon palais de la sagesse a aujourd’hui 14 mois, je le vois chaque jour grandir, je le vois enfin ! J’avance lentement vers lui, mais il est temps d’accélérer le pas. Le temps passe, inéluctablement, la fin approche.

Si demain devait être ce jour, quel sage aurai-je été ?

 

#4 Le temps passé loin de toi

Ma princesse,

Cela fait maintenant 2 mois que je travaille d’arrache-pied sur un nouveau projet. Si tout se passe comme prévu, je pourrai t’assurer un avenir heureux. Nous pourrons voyager à travers le monde, découvrir plein de choses loin de toutes considérations financière. Cela demande de faire pas mal de concessions, la plus difficile : passer mes semaines loin de toi !

Cela fait deux mois que je ne fais qu’attendre les week-ends pour te retrouver. Le temps passé loin de toi m’arrache le cœur, je ne pensais que tu pouvais tant me manquer ma « chiboulette ».

Comme presque tous les soir depuis que tu es là, pendant la nuit, je me glisse dans ta chambre pour te regarder dormir. Je prends alors toute la dimension du bonheur de t’avoir. J’aime te regarder dormir, je pose ma main sur ta poitrine et je sens ta respiration. C’est mon petit instant de joie du soir.

Hier soir j’en ai pleuré. Je part à nouveau pour une semaine. Je me rends compte que tu grandis et que je ne suis pas là pour le voir. C’est dur.

On ne va pas se laisser abattre, il parait qu’on va encore avoir de nombreuses années à profiter l’un de l’autre.

Ton père.

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#3 Ton arrière grand-mère

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Chère J,

Nous sommes allez rendre visite à ton arrière grand-mère il y a quelque jours. Nous avons attendu tes 2 mois pour cela. Je sais, ça fait long, mais du coté de ton père, le lien familial n’est pas des plus solides. J’ai compris son intérêt que tardivement, depuis j’essaie de rattraper le coup. La famille c’est moi, c’est nous.

Revenons-en à nos moutons : ton arrière grand-mère paternel. Étrangement, je n’appréhendais pas cette visite, comme si mon cerveau s’empêchait de faire le rapprochement entre elle et ma maman partie quelques mois plus tôt.

Tout allait merveilleusement bien, jusqu’à ce que dans les bras de ton arrière grand-mère, j’ai pensé à l’auteure de mes jours. Ce fut difficile, très difficile de retenir mes larmes. J’ai bien cru que j’allais perdre la face et devoir feinter un besoin urgent d’aller au toilette.

C’est dur, très dur de te voir et de savoir que ta grand-mère ne t’aura pas vu, ne te verra jamais… Comme toujours, je me cache dans ma carapace, j’évite d’y penser, mais la douleur est bien là et rien ne semble la calmer.

Rien ne semble la calmer, sauf tes sourires ma princesse.

Tendrement,

Papou

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Barômètre psychologique

barometreMe promenant dans mes archives, je tombe sur un brouillon, écrit il y a plus de 5 ans. Après sa lecture, je ne me sens pas très à l’aise. N’ai-je donc pas changé depuis toutes ces années, après tous ces évènements ? Il faut croire que non. Je décide alors de ne rien modifier de cet article, je le publie en l’état.

Voici mon baromètre psychologique :

  • Débordant d’amour, mais déçu par le monde qui l’entoure
  • Esprit en construction, perpétuelle insatisfaction
  • Déprimé chronique, cachotier ?
  • Compétitif, égoïste trop souvent
  • Envie d’évasion, évasif, vaseux parfois
  • Comportement troublant, troublé, anormal
  • Empathie généralisée
  • Goût prononcé pour le n’importes quoi
  • Contradictoire au possible, changeant, évolué ?
  • Espiègle personnage machiavéliquement doué
  • Veut devenir grand, mais sait qu’il ne le sera jamais
  • Malade : syndrome de peter pan
  • Contradictoire, moi ?
  • Trop cool, pas assez quelques fois
  • Soif de vivre et d’avancer, toujours avancer, toujours progresser…
  • Esprit pas toujours en accord avec le point précédent

5 ans et ce texte n’a pas pris une ride… Rendez-vous dans quelques années

 

#2 Tu arrives bientôt

Chère J,

Nous sommes déjà au mois de mai, dans moins de 2 mois tu seras parmi nous ! Je commence à vraiment prendre conscience de l’importance de ta venue. Mon objectif à court terme est de te voir naitre, le second sera de te faire grandir, nous faire grandir !

Des buts à atteindre, j’en ai eus, importants ou non, ils m’ont aidés à avancer dans la vie. Dans mes jeunes années, la seule chose qui m’importait était d’être le plus fort, et le démontrer. C’est comme ça que j’ai fais mon bout de chemin dans la boxe. Il s’agissait de l’Objectif le plus important, celui qui m’aidait à me lever tous les matins. Par la suite, c’est le travail qui a prit le dessus.

Même si ces choses m’ont animés pendant longtemps, je dois avouer que cela n’a rien à voir avec le nouveau sens que tu es entrain de donner à ma vie. Je ne vais pas cesser d’avoir des buts à atteindre, mais ils seront rythmé autours de toi ma princesse.

Non, je ne suis pas gaga ! C’est juste que j’ai envie d’être un papa formidable, tu me contrediras sans doute dans quelques années.

#1 Depuis Bangkok

Chère J,

Je ne sais absolument pas de quelle façon commencer cette prose, la première que je t’écris. Dans environs 14 semaines tu seras là pour illuminer le reste de ma vie.

Je dois t’avouer que je n’arrive plus à rester calme en pensant à toi. Tu me comprendras mieux lorsque tu auras découvert les joies de Noël. A l’arrivée de cette fête, tu sauras que de merveilleuses choses t’attendent (voir le père Noël et recevoir une montagne de cadeaux). A ton grand regret, il te faudra être patiente, difficile à ton age j’en conviens, pour découvrir les surprises délicatement emballées et dissimulées par tes parents. Je pense que tu comprends mieux à présent l’état dans lequel je me trouve ? Tu es en quelques sortes mon cadeau Noël, soigneusement emballé dans le ventre de ta maman. En t’attendant, je regarde son nombril, je t’imagine,  j’attends, et j’attends encore…

Cela fait dix ans que je t’attends, chair de ma chère, printemps de mon hiver, ma perce neige, toi le whisky de mon coca, ma petite fleur. 10 ans déjà que je rêve de t’avoir près de moi, 10 ans que je rêve de pouvoir t’embrasser, te dorloter, te chérir en t’apportant le meilleur de moi-même.

Je t’écris ce petit mot depuis l’aéroport de Bangkok, en Thaïlande. Je t’y emmènerai sans doute  un jour, ce pays à tellement de chose à nous apprendre. C’est marrant comme la découverte d’un ailleurs est dépendant de notre état d’esprit en partant. En partant, toutes mes pensées sont à toi, ta maman et la mienne.

Cette excursion entre amis et folies a été l’occasion pour moi de beaucoup penser à toi, à ta maman et ta grand-mère qui nous a quitté il n’y a pas longtemps.

Je rêve de pouvoir te faire découvrir le monde, et plus encore, que nous vivions le monde ensemble, loin de la France. Tu te demandes sans doute pourquoi ? Tout simplement parce que j’ai beaucoup appris ailleurs, cela m’a beaucoup fait grandir et réellement ouvert l’esprit. J’aimerai qu’il en soit de même pour toi, ma princesse. Je veux simplement être avec toi dans cette merveilleuse phase de découverte, avant que tu ne t’envoles.

Mon séjour à Bangkok m’a vraiment conforté dans mon projet notre projet de famille de quitter la France.

Il est temps pour moi d’aller enregistrer mes baguages et grimper dans l’avion pour te rejoindre.

Je t’aime

Papou.

 

On ne me l’avait pas dit !

Naïf petit homme que j’ai pu être, je pensais qu’une grossesse était un moment de pure bonheur qui se partage. Une chose qui se vit à deux. Sur le papier c’est tout beau, madame est enceinte vous allez avoir droit à une magnifique progéniture !

On imagine déjà les changements que cela va apporter dans notre nouvelle vie, à trois. Organiser son boulot, ses activités sportives, les amis (car terminé depuis longtemps les amies), gérer un planning serré avec l’arrivé d’un nouveau venu a grosse tête et petit corps. Avant même la grossesse on peut imaginer ce que deviendra la vie d’un futur père. Les biberons, les nuits à ne pas dormir, la crèche, le caca, bbboooooooouuuuu, le caca… Sans doute la première crainte de tout papa en couple avec une princesse (j’y reviendrai plus tard).  bref ! Tout le monde sait à peu près à quoi s’attendre à l’arrivé de bébé.

La chose à laquelle on ne nous prépare pas, nous les hommes : c’est la grossesse ! Celle qu’on aime (que l’on a aimé ?), se transforme ! Malheureusement la modification n’est pas que corporelle ! Les hormones travaillent et bouleversent les comportements de l’être aimé ! On se retrouve à devoir faire le ménage, préparer à manger. Il faut même sortir le chien et les poubelles (je rêverai de mettre le premier dans le second).

Si ce n’était que ça ! Devenir larbin est une chose (beau nombre d’hommes le sont déjà avant), mais devenir le souffre douleur d’une personne qui a tous les symptômes d’un malade, mais qui ne l’est pas ! Malade qui vous tiens pour responsable de son état et vous le fait remarquer constamment ! Que dis-je ?! Payer constamment serait nettement plus approprié !

Je me rassure en me disant que cela ne durera que 9 mois… Ma crainte la plus profonde est que ce bouleversement hormonale soit définitif et, qu’au terme de ces neufs longs mois de calvaire, la monstresse ne rende jamais sa place à ma si douce gazelle d’antan. On en reparle après l’expulsion de la squatteuse du ventre de ma dulcinée.

Le discours de mon mariage

Ma N, mes chers amis

Préparer un discours, ce n’est vraiment pas facile ! N’étant pas forcément très loquace et encore moins imaginatif, je vous laisse imaginer la galère que fut l’écriture de ce petit mot !

Pour préparer cette prose donc, j’ai eu envie d’en apprendre plus sur le couple, l’amour, les enfants,… Toutes ces choses qu’on attrape en se mariant. J’ai donc surfé sur les sites de filles pour en apprendre un peu plus (bouuhhhhhh).

C’est donc ainsi que je suis tombé sur un article passionnant intitulé : « en couple mais libre ! », basé sur un livre « Le couple face au temps » et ça tombait bien, car moi aussi je voulais en faire autant. Je veux dire rester un peu libre.

J’ai donc pris des notes et appris que « le couple à l’ancienne », c’est fini. Et que la tendance est à l’anomie, l’ANOMIE étant l’absence de normes.

Bon, je note. Pas de norme donc. Ne pas être normatif, maintenant, c’est ça qui est normal. Et surtout TOUT ce que va désormais faire ma femme, surtout si c’est surprenant, sera donc normal. Normal = ma femme, je note.

Deuxième ingrédient pour devenir ce qui est, pour les femmes, une épouse épanouie, il faut donc, je cite, faire « coïncider l’idéal romantique de la vie à deux et celui de l’épanouissement personnel, se donner à l’autre supposant aussi de continuer à s’appartenir » !.

D’accord ma chérie ! Tu es à moi, en quelque sorte, mais tu n’appartiens aussi qu’à toi. Bon. Tu es donc une femme éprise mais libre. Ça devient compliqué cette histoire…

J’ai également lu qu’il fallait prendre l’air, sortir, pour être, non la moitié de l’autre, mais une personne à part entière. C’est nouveau aussi, dans le couple on est deux, mais séparément surtout ! Sinon on risque de ne faire plus qu’un et là ça devient super compliqué! Le mot couple est donc chelou !

Dans mes recherches j’ai également lu que la femme mariée, aurait tendance à « lâcher sur l’intendance », comprenez : elle n’aime pas qu’on touche à son souk et n’a pas l’intention de faire le ménage toute seule ! Bon, ben on va prévoir un budget pour le ménage.

Bon ! Après ça, j’ai lâché les sites de filles …

Quand même avant d’abandonner, j’ai lu au moins un article intéressant « Ces positions qui nous rendent belles », boooonnn, saine lecture !

Plus sérieusement, après je me suis dit pourquoi ne pas simplement déclarer ma flamme à ma femme.

Déjà, avant même de penser au contenu en lui-même ! Je me suis interrogé sur les effets de style ? Quelles envolées ?  Quel lyrisme ? Comment pourrai-je faire voler mes mots ?

Sur un ton léger, enjoué, sautillant ? Comme si nous étions en train de danser nu, tous en rond, sur le pont d’Avignon ?

Sur un ton sérieux ? Chère N c’est avec un plaisir immense que je viens de t’épouser. Ma joie est égale à mon impatience. Ensemble, nous bâtirons un avenir radieux, une maisonnée chaleureuse où nous  pourrons accueillir nos futurs enfants (et notre petit chien K-roline).

Sur un ton bref ? Ma Najat, je suis heureux de te connaître depuis 4 ans et ravi que cette rencontre se soit concrétisée par ce beau mariage. Tout mon amour pour toi, CG.

Sur un ton intéressé ? Chère Najat, grâce à toi, je l’avoue, grâce à ta merveilleuse situation professionnelle, je sens que nous allons pouvoir ensemble et pour le meilleur, vivre des moments inoubliables, profitant des grands plaisirs de ce monde, hôtels, restaurants, escapades amoureuses à l’étranger, etc. Il est temps de faire compte en commun.

Sur un ton littéraire, dans un style « soutenu » ? Ma belle dulcinée, voici les doux moments de notre hyménée, enfin, arrivés ! Que ta beauté divine alliée à ton élégance continue de ravir mon cœur, comme aux tous premiers instants de notre éthérée rencontre. Qu’Éros soit sans cesse à nos côtés et nous accompagne à tout jamais dans nos doux transports.

Finalement, je n’ai pas envie de faire un long discours, seulement un petit speech, une petite aubade pleine d’amour, de respect et d’émotion…

Et, si vous me demandez de terminer sur une petite note rigolote :

Najat donne-moi ta gentille menotte,
Ne fais pas la fiérote,
Oh, mais je vois que tu sanglotes, que tu deviens pâlotte et que tu as la tremblote !
De bonheur, j’espère !
N’aie crainte, je serai ton pilote, ton Aristote et toi, la matelote.
Voguons ensemble sur les flots de notre nouvelle vie, pleine de joie et d’amour…
Je t’aime et t’aimerai, ma belle, jusques aux derniers jours.

Pour conclure, j’aimerai tous vous remercier.

Ceux qui vivent à côté, et ceux qui ont traversé des Méditerranées. Ceux qui sont au quotidien côtoyés, et ceux dont la vie nous a éloignés. Ceux qui dansent sur leur jeune printemps, et ceux avec le visage plus ridé. Ceux qui nous ont portés, ceux qui nous ont aidés, du nœud papillon au maquillage et au héné. Ceux qui nous ont « briefés», qui nous ont vu pleurer, qui nous ont fait rire et nous ont rassurés.  Ceux qui vivent des épreuves, à qui nous offrons cette soirée de gaieté. Et enfin, celle qui n’est plus là mais nous a accompagné.

Maintenant, portons tous un toast à la nouvelle mariée, à l’amour et à l’amitié.